Au XVIIIe siècle, le plus brillant des philosophes français,
Voltaire, multiplie les attaques contre la Bible. Il prédit, dit-on,
que dans un siècle, ce livre serait oublié — une relique de musée. Il meurt en
1778.
Or voici l'une des ironies les plus célèbres de l'histoire — récit rapporté
au XIXe siècle, que le musée présente comme un symbole documenté
de la controverse, et non comme une preuve matérielle : sa propriété près de Genève
serait devenue, quelques décennies plus tard, un centre de production de
Bibles, où l'on imprime les Écritures. Le philosophe qui voulait enterrer
le livre aura, malgré lui, logé sa renaissance.
Ce que l'histoire vérifie, elle : la Bible est aujourd'hui le livre le plus imprimé,
le plus traduit, le plus diffusé de toute l'humanité. La prophétie de l'oubli n'a
pas eu lieu.