Codex Vaticanus
Conservé à la Bibliothèque apostolique vaticane depuis le XVe siècle, il contient la quasi-totalité de la Septante et du Nouveau Testament. Avec le Sinaïticus, il fonde la critique textuelle moderne.
Du papyrus de la taille d'une carte de crédit au géant de quatre cents feuillets : les témoins grecs qui portent le Nouveau Testament — leurs textes, leurs voyages, leurs secrets — de l'Égypte romaine aux bibliothèques du monde entier.
Acquis en Égypte vers 1920 avec une collection de papyrus, ce minuscule fragment — de la taille d'une carte de crédit — est aujourd'hui l'un des documents les plus précieux du monde. Son recto et son verso portent quelques mots grecs tracés à l'encre brune : des versets du chapitre 18 de l'Évangile de Jean.
Daté de 125–150 ap. J.-C., il démontre que le quatrième Évangile circulait en Égypte — à des centaines de kilomètres de son lieu de rédaction — dès le début du IIe siècle, confirmant sa composition à la fin du Ier siècle (≈ 90-100). La thèse d'un Évangile de Jean « tardif » ne tient plus devant le papyrus.
Le papyrus P52, recto et verso, monté entre deux plaques de verre — John Rylands Library.
Découvert en 1952 en Égypte et conservé à la Fondation Bodmer de Genève, le P66 est l'un des plus anciens manuscrits quasi complets d'un livre du Nouveau Testament : l'Évangile de Jean, presque entier. Sa calligraphie soignée, ses corrections de scribe et ses marges montrent la valeur que l'on accordait déjà à ce texte vers l'an 200 — un siècle à peine après sa rédaction.
L'incipit de l'Évangile de Jean sur papyrus — Fondation Bodmer, Genève.
À Oxford, la bibliothèque du Magdalen College conserve trois petits fragments de papyrus portant des versets de l'Évangile de Matthieu (dont 26:23). En 1994, le chercheur Carsten Peter Thiede propose une datation paléographique retentissante : les lettres, selon lui, appartiendraient aux années 40–60 ap. J.-C. — une copie faite du vivant même des apôtres.
La majorité des spécialistes reste prudente et date ces fragments de 150–200 ap. J.-C., selon les méthodes paléographiques courantes. Le musée présente les deux positions, avec leurs arguments — car la force d'une démonstration, c'est d'exposer aussi ses débats. Quelle que soit la datation retenue, Matthieu demeure l'un des documents les plus anciens et les plus attestés du Nouveau Testament.
Les fragments du Papyrus Magdalen, montés pour l'étude — Magdalen College, Oxford.
Conservé à la Bibliothèque apostolique vaticane depuis le XVe siècle, il contient la quasi-totalité de la Septante et du Nouveau Testament. Avec le Sinaïticus, il fonde la critique textuelle moderne.
Découvert par Constantin von Tischendorf en 1844 et 1859 au monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Contient le Nouveau Testament complet — le plus ancien connu — et de grandes parties de la Septante. Il contient aussi l'Épître de Barnabé et le Pasteur d'Hermas — deux apocryphes, clairement distingués par le musée. 800 pages numérisées.
L'un des plus grands et plus complets manuscrits de la Bible en grec, conservé à la British Library. Il contient la quasi-totalité de la Septante et du Nouveau Testament, avec des variations textuelles précieuses pour la critique moderne.
Écrite en guèze, ancienne langue sémitique encore utilisée dans la liturgie éthiopienne, elle est considérée comme la plus ancienne Bible complète conservée. Son canon inclut des livres supplémentaires (Hénoch, Jubilés…) — que le musée signale comme apocryphes hors du canon hébraïque et de la majorité des Églises.
Reconstitution : Tischendorf reconnaît les feuillets du IVe siècle — monastère Sainte-Catherine du Sinaï, 1844.
En 1844, le philologue Constantin von Tischendorf entre au monastère Sainte-Catherine, au pied de la montagne de Moïse. Dans une corbeille de parchemins destinés aux fours, il reconnaît les feuillets d'un codex grec du IVe siècle. Dix ans plus tard, on lui montre le manuscrit presque complet : 400 feuillets sur quatre colonnes, contenant le Nouveau Testament entier.
Le codex se divise aujourd'hui entre la British Library (Londres), l'université de Leipzig, la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg et le monastère Sainte-Catherine. Depuis 2009, ses 800 pages sont entièrement numérisées en accès libre.
P52 — Jean 18. Manchester. Le plus ancien fragment du NT.
P66 — Jean presque complet. Genève.
Vaticanus — Septante + NT quasi complet. Vatican.
Sinaïticus — NT complet + Barnabé & Hermas (apocryphes).
Alexandrinus — l'un des plus grands codex grecs. Londres.
Codex H — les Lettres de Paul. → Galerie V, actualité 2026.